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Publié par UMP EAUBONNE

L'affaire dite « Leonarda » met la gauche face à ses contradictions en matière d'immigration. Jusqu'à présent elle avait missionné Manuel Valls pour tenter d'incarner dans les mots une forme de ligne dure. Il a suffi d'une affaire d'expulsion surmédiatisée pour que s'écroule l'illusion d'une fermeté de gauche. La majorité se déchire pour savoir si une famille de clandestins reconduite hors de notre sol, à l'issue de près de 5 ans de procédures, doit ou non être rapatriée en France au motif que les enfants y étaient scolarisés. Des ministres, des élus en viennent à demander officiellement que la loi de la République ne soit pas appliquée !

Le gouvernement, et singulièrement Manuel Valls, est ainsi pris au piège de son double discours dans le domaine régalien. D'un côté le ministre de l'Intérieur surjoue la martialité. De l'autre, il est celui qui a assoupli les critères de régularisations, divisé par deux le prix des visas, rendu gratuite l'Aide Médicale d'Etat, fait chuter de 40% les expulsions d'immigrés illégaux et veut doubler les naturalisations en facilitant l'accès à la nationalité française.

Seul François Hollande pourrait remettre de l'ordre dans ce chaos. C'est au chef de l'Etat d'assumer une ligne politique claire. Non seulement il se refuse à trancher entre Manuel Valls, Cécile Duflot, Vincent Peillon ou Christiane Taubira, mais son autorité est battue en brèche par ses propres ministres. Le 2 octobre, au sujet des Roms, il avait affirmé en Conseil des ministres que « c'était la dernière fois » qu'il tolérait des dissensions gouvernementales. Ce rappel à l'ordre n'aura donc pas tenu plus de deux semaines. Cette vacance de l'autorité au plus haut sommet de l'Etat est très inquiétante dans une Vème République où le Président est la clef de voûte du pouvoir.

Pour ma part, je n'ai aucune hésitation : la loi doit être appliquée en toutes circonstances, avec humanité bien sûr, mais surtout avec fermeté. La dictature des émotions ne doit jamais supplanter la loi de la République.

Au-delà du double jeu de la gauche et de l'inaptitude au commandement de François Hollande, l'affaire Leonarda montre les failles de notre politique d'immigration. Notre procédure d'asile permet à des gens, dont la demande est infondée, de se maintenir près de 5 ans sur le territoire en épuisant tous les recours. 5 ans durant lesquels cette famille a été hébergée, soignée, soutenue par la solidarité des Français. 5 ans durant lesquels cette famille a été transférée de centre en centre sans pouvoir se projeter durablement dans l'avenir. 5 années perdues pour la République comme pour cette famille.

Il faut donc changer de politique d'immigration. Je propose quatre pistes : renforcer nos frontières en excluant de Schengen les Etats-passoires ; être intraitables avec l'immigration irrégulière en refusant toute régularisation de personnes nées ou entrées illégalement sur notre sol et en imposant un délai maximal d'examen de 6 mois des demandes d'asile ; être socialement moins attractifs notamment en supprimant l'AME et en durcissant les conditions d'accès au RSA et au rapprochement familial ; maintenir une exigence forte pour devenir français en renforçant les critères de naturalisation. Dans ce contexte de crise économique et de crise de l'intégration, nous n'avons pas d'autre choix que de réduire l'immigration.

Jean-François COPE

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